Le modèle VENI, VIDI, VICI

L'observation et l'enquête dans un certain nombre d'environnements d'apprentissage de l'enseignement supérieur et du secondaire indique clairement qu'une partie des difficultés rencontrées dans ces cycles pédagogiques est une crise de l'assiduité étudiante. Les "baisses de niveau" apparentes des cycles préparatoires, premiers cycles universitaires et écoles d'ingénieurs sont très souvent corollaires d'une difficulté à maintenir un état de concentration et une volonté d'investissement sur des matières qui semblent toujours de plus en plus éloignées d'une application résolument de plus en plus pragmatique en entreprise.

Les enseignants vivent avec un allant-de-soi historique, d'autant plus important que leur matière semble être "au coeur" de l'enseignement, que leur matière est "nécessairement pertinente" au regard des étudiants.

Or tout semble montrer qu'un des enjeux actuel, en matière d'enseignement, est précisément le maintien de l'intérêt, de l'investissement intellectuel.

Le modèle VENI, VIDI, VICI, ne mesure pas directement cet état de désinvestissement, mais peut contribuer à le détecter lorsqu'il apparaît dans une population étudiante. Il constitue un outil important de rétroaction dont peut disposer l'enseignant pour "vendre mieux" sa matière intellectuelle et pédagogique, au même titre que les marketeurs essayent aujourd'hui de mieux placer leur offre sur le marché ou sur Internet.

Evénement VENI

L'événement VENI capte la "venue" d'un étudiant sur un élément pédagogique. La situation mesurée est le passage de l'élement (ou du moins de la zone qu'occupe cet elément, ou une approche la moins approximative possible de cette sémantique) dans un espace d'affichage visible de l'utilisateur. L'accumulation de ces événements dans une masse documentaire pédagogique permet de visualiser l'espace de couverture de la consultation (résultat individuel) ou la zone de plus grande couverture (consolidations de groupe).

Evénement VIDI

L'événement VIDI capte la "prise de connaissance supposée" d'un élément pédagogique. On peut considérer empiriquement qu'un élément pédagogique est considéré comme "lu" si sa présence en zone visible est effective pendant un temps suffisant à sa lecture par une personne normale. Ceci reste une supposition, car rien ne permet à un client de visualisation de connaître le degré d'attention effectif de l'utilisateur qui est présent devant l'écran. Nous admettons dans ce modèle que le temps de présentation de l'information peut constituer un indice suffisant de l'attention effective d'un utilisateur pour la prise de connaissance du message. Cette supposition va de pair avec celle d'un apprenant "sincère" dans son intention d'apprentissage.

Cette supposition peut poser plus de problèmes pour les schémas et illustrations pour lesquels les processus de perception et d'analyse du sens ne sont pas connus encore suffisamment.

L'événement VIDI est émis subséquemment à un événement VENI, et sur la détection d'une visibilité continue d'au moins une certaine durée de temps à définir expérimentalement et probablement ajustable localement. On peut supposer que parmi les paramètres influant un tel facteur (le délai de déclenchement de l'événement VIDI) figurent :

  • Le type d'élement pédagogique (texte, schéma, tableau, image, ennoncé, données formatées...)
  • La complexité symbolique ou conceptuelle de l'élément (complexité structurelle du schéma, complexité sous-jacente des inférences symboliques, conplexité syntaxique de l'expression écrite, niveau de langage)
  • La "taille" de l'objet (longueur du texte, nombre d'entités signifiantes sur un schéma)

Au delà de la simple apparition de la situation VIDI, le temps total (cumulé) de visibilité de l'élément peut être également significatif sur une grande population. Deux figures consultées respectivement 15 minutes et 30 secondes n'ont vraisemblablement pas le même poids sémantique, ni la même conséquence cognitive.

Evénement VICI

L'événement VICI capte une action explicite de l'étudiant qui renseigne le système pédagogique sur son estimation propre de l'acquisition du message porté par l'élément pédagogique. VICI est donc sous le contrôle de l'étudiant qui peut désigner les éléments qu'il considère comme compris.

Là encore il faut mesurer la pertinence des signaux reçus quant à cet événement. Il est possible en effet que l'étudiant ait une idée fausse de sa perception ou de son appropriation du sens du message. Nous devrons probablement effectuer une série de mesures et de contrôles pour nous assurer qu'un tel dispositif mesure une grandeur réelle.

La désignation par l'apprenant des éléments de cours compris peut être alors avantageusement associée à un contrôle des connaissances réalisé de manière classique, ou en ligne à travers les outils de la plate-forme.

D'autre part, s'il est assez facile de tirer des enseignements d'événements captés "au delà de la volonté explicite" des sujets, il est beaucoup plus difficile de s'assurer de la collaboration effective et sincère de la population soumise à ce système de feedback. Les expérimentations sur le terrain doivent permettre de déterminer quels sont les facteurs qui permettent de garantir une telle collaboration dans des proportions qui assureront la pertinence de la mesure.

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